En passant

Maria Montessori : biographie

Cette bibliographie est issue de mon Mémoire de Master 2 MEEF – 1er degré (2016).

Enfance à Chiravalle
Maria Montessori est née le 31 août 1870 au cœur de la petite ville de Chiaravalle située dans la province d’Ancône, à l’Est de l’Italie. Elle est fille unique. Son père, Alessandro Montessori (1832-1915), travaillait dans la fonction publique. Sa mère, Renilde Stoppani (1840-1912) était la nièce d’Antonio Stoppani, un philosophe et un savant italien. Renilde Stoppani était bien éduquée, très pieuse et cultivée. Maria lui ressemblait beaucoup.
Maria Montessori a été élevée selon la tradition catholique de l’époque, avec discipline et rigueur. Son père avait un tempérament austère et rigide tandis que sa mère à l’inverse était une femme très douce, plutôt progressiste qui respectait la liberté de sa fille malgré les limites sociales et culturelles imposées aux femmes de cette époque.
Petite, Maria Montessori a été scolarisée à l’école communale de Chiaravalle, à cette époque elle ne montrait pas de prédispositions particulières, c’était une enfant tout à fait banale.
Maria Montessori - EnfantDéménagement à Rome
Ses parents ont déménagé à Rome, capitale de l’Italie, lorsqu’elle eut 12 ans afin qu’elle puisse bénéficier d’une meilleure éducation, c’est-à-dire une éducation « digne d’une jeune fille de bonne famille ». Très tôt, ils voulurent orienter leur fille vers le métier d’enseignante car c’était à l’époque un des rares métiers ouverts aux femmes.
Toutefois, Maria Montessori ne voyait pas les choses ainsi, elle voulait être tout… sauf enseignante ! Elle disposait de facilités pour les mathématiques et d’un intérêt vif pour les sciences. Elle désirait devenir ingénieur, mais son père était réticent. Sa mère, avec sa grande douceur a su le convaincre de laisser sa fille choisir d’elle-même la carrière qu’elle voulait emprunter.
De ce fait, à 14 ans, Maria Montessori a pu entamer des études au sein d’un collège technique de garçons. Il s’agissait du collège Michelangelo Buonarroti, nom donné en hommage à l’artiste italien Michel-Ange (1475-1564).
Les études dans cet établissement ne furent pas simples pour elle, non pas en raison des matières étudiées mais en raison des préjugés sociaux concernant le rôle que les femmes devaient avoir dans la société de l’époque.

Une femme médecin ?
Peu de temps après, ses études ne lui plaisant guère, Maria Montessori se trouve une passion pour la biologie humaine et elle décide de devenir médecin. Hélas, à cette époque, la faculté de médecine était très difficilement accessible aux femmes, de plus son père était absolument contre ce choix qu’il trouvait inimaginable et surtout intolérable puisqu’elle serait amenée à disséquer des cadavres d’hommes.
Bien que sa mère fût pour ce choix qu’elle trouvait profondément humaniste, Maria Montessori a dans un premier temps décidé de s’inscrire à la faculté de sciences de Rome afin de diminuer les tensions que son choix de carrière suscitait auprès de sa famille.
Une fois sa licence obtenue et ayant toujours en tête son rêve de devenir médecin, elle s’obstine et elle rencontre le médecin Guido Bacelli (1830-1916). Celui-ci était le ministre de l’Instruction Publique du Royaume d’Italie, c’est-à-dire l’Éducation Nationale Italienne actuelle. Guido Bacelli refuse son projet en prétextant que la faculté de médecine n’est pas un lieu ouvert aux femmes, mais d’une nature têtue elle lui répondit alors avec un grand calme : « Je sais que je serai médecin » avant de s’en aller.
Elle insista, persévéra longtemps et après de multiples rendez-vous, elle réussit à le convaincre et elle finit par intégrer la faculté de médecine de Rome, malgré le refus formel de son père qui lui en tiendra rigueur quelques années. Convaincante, elle réussit également à obtenir une bourse, enfin plutôt une série de bourses qui financeront d’année en année une partie de ses études. Pour financer la totalité de ses frais universitaires, elle donnera aussi des cours particuliers.
Une fois admise, les étudiants masculins se moquent d’elle et vivent sa présence comme une intrusion dans un monde qui était auparavant réservé aux hommes. Maria ne se laisse pas faire, elle les remet à leur place et rapidement, le mépris des étudiants fait place à de l’admiration, elle les impressionne. Elle dira plus tard à propos de cette époque qu’elle se sentait capable de tout et que rien ni personne ne pouvait l’arrêter.

Découverte d’une vocation
En 1896, à 26 ans Maria Montessori a terminé ses études de médecine. Dans de nombreux textes et livres on peut lire à ce sujet-là qu’elle fut la toute première femme médecin en Italie, or ce n’est pas le cas mais elle fut toutefois parmi les premières. La première femme à obtenir ce titre fut Ernestina Paper en 1877.
Maria Montessori - Diplomée de la faculté de médeçine de RomePeu après l’obtention de son diplôme, elle obtient un emploi d’assistante à la clinique psychiatrique (sa thèse portait justement sur le domaine de la psychiatrie) de l’université de Rome.
À l’université, elle a pour mission de visiter les asiles de fous et c’est là qu’elle verra un jour un groupe d’enfants dits déficients mélangés avec des adultes. Constatant que ces enfants parqués dans une petite pièce sans objets passent leur temps à la recherche de miettes de pain à manipuler, elle en viendra à penser que le problème de leur déficience n’est pas tant médical que pédagogique.
Obsédée par l’envie de trouver une solution pour aider ces enfants à réintégrer la société elle va alors lire l’intégralité des livres et des recherches de Jean Itard (1774-1838) et d’Édouard Seguin (1812-1880).
Jean Itard a été rendu célèbre pour son travail avec Victor, l’enfant sauvage de l’Aveyron tandis qu’Édouard Seguin était un élève d’Itard et le fondateur d’une école pour les déficients à Paris. Elle s’inspirera fortement d’eux pour élaborer sa propre pédagogie. Admiratrice de ces deux hommes elle va même jusqu’à traduire le livre du médecin Jean d’Itard en italien et copier de sa propre main tout ce que ces deux hommes ont écrit afin de mieux assimiler leurs idées en matière de pédagogie et d’éducation.
Maria Montessori en pleine lectureUn enfant
C’est également à cette période de sa vie qu’elle eut un fils, Mario Montessori (1898-1982) avec l’un de ses professeurs de peu son aîné : le docteur Giuseppe Montesano.
Hélas, Maria n’était pas mariée et ce professeur ne voulait pas s’engager avec elle. Pour éviter le scandale au sein d’une Italie très catholique mais aussi pour se consacrer entièrement à ses recherches… Maria Montessori a été contrainte de cacher son enfant et elle n’a pas pu l’élever. Néanmoins, elle a pu lui rendre régulièrement visite à la campagne au sein de sa famille d’accueil.

Une chercheuse acharnée et une éternelle étudiante
En 1898, Maria Montessori est remarquée pour ses connaissances sur le sujet des enfants déficients lors d’un congrès pédagogique à Turin. Le ministre de l’Éducation Nationale Italienne lui demandera alors de donner une série de conférences sur l’éducation des enfants déficients. Cette série de conférence aura pour suite la création de la première école d’État d’orthophrénie. Maria Montessori en sera la directrice de 1899 à 1902.
Lors de ces trois années elle ira également à Londres et à Paris pour étudier les méthodes et le matériel utilisés avec les enfants déficients.
Sous sa direction les enfants dits déficients de l’école d’État d’orthophrénie réussirent à apprendre à lire et à écrire, chose que l’on pensait impossible. Certains passèrent même avec succès des examens à côté des enfants « normaux » et ils obtinrent de très bons résultats.
Entre les années 1901 et 1906, elle décide de redevenir étudiante car elle ressent le besoin de maîtriser plus les différents champs qui entourent le domaine de l’enfance. Elle étudie ainsi la philosophie et la psychologie tout en continuant à approfondir ses connaissances sur les travaux d’Itard et de Seguin.
En parallèle elle occupe la chaire d’hygiène au Magistero Feminile de Rome et elle a la charge d’examinatrice au sein de la Faculté de Rome auprès du grand Luigi Pirandello (prix Nobel de littérature en 1934).
De 1904 à 1908 elle va occuper la chaire d’anthropologie de l’université de Rome et elle sera professeur. Ses cours porteront le nom d’Anthropologia Pedagogia. Elle formera les étudiants en leur communiquant son formidable enthousiasme.
À ce propos, Anna Maccheroni, pionnière de la méthode Montessori, qui a assisté à ses conférences à dit sur Maria Montessori :
 » Elle était belle, et portait un costume élégant et très féminin, contrairement à la mode de l’époque qui voulait donner aux intellectuelles un style quelque peu masculin. Elle parla ce jour-là, non pas tant d’anthropologie, que de ce que devait être l’école. Elle insista sur deux points : le devoir du maître est d’aider, non de juger ; le véritable travail mental n’épuise pas, il nourrit l’esprit. Elle était une conférencière extrêmement séduisante et gracieuse. Tout ce qu’elle disait avait la chaleur de la vie. À l’écouter, on se sent l’envie d’être meilleur. Elle était un stimulant spirituel pour tous. »
En plus de cela, elle avait sa propre clientèle privée et travaillait dans les hôpitaux de Rome. Elle était donc très active, elle disposait d’une puissance de travail exceptionnelle, elle consacrait ses journées aux enfants, à ses patients, à voyager, à donner des conférences ou à donner des cours et elle passait ses nuits à réfléchir, fabriquer du matériel sensoriel, comparer, analyser, corriger, lire, préparer l’avenir…
Elle ne vivait que pour ce qu’elle considérait et considéra tout au long de sa vie comme sa mission.

La révélation de San Lorenzo
En 1906, une société de construction a pour projet de construire des bâtiments pour regrouper les habitants du quartier de populaire de San Lorenzo. Ce quartier était un vrai taudis, il y régnait le crime, la pauvreté et le manque d’hygiène, les habitats étaient dans un état de dégradation avancé.
Aujourd’hui encore, si on se promène dans ce quartier de Rome on peut constater que San Lorenzo reste un quartier populaire avec beaucoup de pauvreté, de saleté, de tags et de délinquance.
Pour éviter que les jeunes enfants laissés à eux-mêmes ne perturbent et n’abiment les travaux en salissant les murs ou en cassant les constructions, les autorités décident de regrouper ces enfants dans un local : la première « Casa Dei Bambini » (Maison des Enfants).
Guido Bacelli, propose alors à Maria Montessori de s’occuper de ce local. Celle-ci dit oui car elle voit là enfin la possibilité de travailler avec des enfants normaux et de pouvoir tester ses méthodes auprès d’eux. Elle accepte à condition qu’on adapte tout le matériel à l’enfant, c’est-à-dire qu’elle demande la fabrication de chaises miniatures, de petits bureaux et de fauteuils si les enfants souhaitent se reposer.
C’est Maria Montessori qui a été la pionnière en adaptant la taille du matériel à l’enfant, ce principe a désormais été repris dans les écoles maternelles, jardins d’enfants, crèches… du monde entier.
Maria Montessori ayant bien trop d’obligations professionnelles embaucha une jeune fille pour la seconder, cette dernière n’était pas un professeur car Maria Montessori ne souhaitait pas avoir quelqu’un de déjà formé aux « vieilles méthodes traditionnelles ». Elle voulait quelqu’un qui utilise son matériel et sache le présenter aux enfants. En dehors de cela elle n’imposait rien à cette éducatrice qui disposait ainsi d’une grande liberté pédagogique.

L’explosion de l’écriture…
Les premiers temps furent difficiles, les enfants étaient indisciplinés, peureux, abandonnés, sales et beaucoup souffraient de dénutrition. C’est pour cela que Maria Montessori, s’est dans un premier temps focalisée sur l’hygiène en leur apprenant à se laver les mains, à nettoyer une table, à se servir d’un balai…
Mais rapidement, c’est-à-dire en moins d’un an, les résultats vont porter leurs fruits. Les enfants vont s’autodiscipliner et les parents surpris par tant d’autonomie et de discipline intérieure vont même jusqu’à demander à Maria Montessori de leur apprendre à lire. Celle-ci refuse dans un premier temps car elle estime que ce n’est pas son rôle.
Puis face à beaucoup d’insistance, elle décide d’accepter et met alors à leur disposition un matériel pédagogique élaboré par ses soins (dans un premier temps il s’agira des lettres rugueuses et des lettres mobiles en bois).
L’évènement qui va contribuer à faire connaître sa méthode est l’explosion de l’écriture (et non pas de la lecture) chez un certain nombre d’enfants âgés de 4 à 5 ans et cela sans qu’on le leur ait enseigné (on enseigne d’abord le son des lettres avant le nom des lettres dans la pédagogie Montessori).
Ce fait fut remarquable dans un pays tel que l’Italie ou le taux d’analphabétisme était de près de 75% au début du 20ème siècle, c’est-à-dire un des taux les plus élevés d’Europe !
C’est cet évènement qui va contribuer à faire connaître Maria Montessori puis sa méthode à travers le monde entier. Rapidement des gens de tous les horizons vont venir observer ces enfants. La reine Margherita de Savoie déclarera même à ce propos : « qu’on se trouve à l’aube d’une nouvelle philosophie de la vie et que ce sont les enfants qui nous éclaireront là-dessus ». Tous les visiteurs restent émerveillés devant ces enfants.
Parmi eux on compte : la fille de Léon Tolstoï (qui fut aussi un éminent pédagogue), l’ambassadeur d’Argentine, Anna Freud ainsi que des représentants de divers pays et ordres religieux.

La diffusion internationale de la méthode Montessori
Suite à cela, Maria Montessori écrit son premier livre, travailleuse acharnée, elle écrira ce livre en moins de 1 mois. Son titre : Une méthode scientifique de pédagogie appliquée aux enfants. Le livre connaîtra un succès immédiat et sera rapidement traduit en plus de 20 langues, dont en chinois !
La mission de Maria Montessori prend alors tout son sens : elle se doit de faire participer toute l’humanité afin de pouvoir garantir à tous les enfants vivants la défense de leurs droits.
À partir de là, elle va démissionner de l’université pour se consacrer uniquement à la diffusion des principes de base de sa pédagogie. Toute son énergie sera consacrée à cela ainsi qu’à ce qu’elle nomme l’éducation à la paix, dans le but de rendre le monde meilleur en faisant des enfants des êtres plus humains, plus autonomes, plus libres et plus surs d’eux.
En 1912, lasse de devoir vivre éloignée de son fils et marquée par la mort de sa mère, elle le récupérera en le faisant passer pour quelqu’un de sa famille, le docteur Montesano, ne s’y opposa pas à condition qu’il ne porte pas son nom.
En 1917, elle est invitée aux États-Unis à l’occasion de l’exposition universelle afin d’y présenter sa méthode, à partir de là, elle va gagner une notoriété internationale qui ne cessera de croître.
Conférencière très demandée et dotée d’un fort talent d’oratrice, elle ne cessera alors de voyager, de diffuser ses idées, de former de nombreux professeurs, de rencontrer des pédagogues (Adolphe Ferrière, John Dewey, Roger Cousinet…) et des personnalités (Helen Keller, Thomas Edison…). La plupart des demandes proviennent des ministres de l’enseignement ou d’associations pédagogiques. Souvent ces invitations sont officielles.
Des écoles Montessori ainsi que des sociétés montessoriennes naîtront rapidement dans le monde entier. On verra ainsi la naissance d’une école Montessori dans les jardins du Palais pour les enfants de la famille impériale russe ou encore en Chine, au Japon, au Canada, en Inde, en Hollande, en Allemagne, en Autriche, en Espagne…
Mais en parallèle de cela, elle continue ses recherches avec acharnement, elle dira à ce propos : « Il faut que je travaille, je ne puis me permettre de parler tout le temps. ». Ainsi il lui arrivera parfois de se retirer de la scène publique pour se concentrer sur ses recherches.

La fondation de l’AMI et l’exil
En 1929, elle fondera à Amsterdam (Pays-Bas) l’Association Montessori Internationale (AMI) dans le but de préserver et de transmettre ses idées. Son fils (Mario Montessori) puis sa petite fille (Renilde Montessori) en furent les présidents.
En 1934, elle refuse l’offre de Benito Mussolini – fondateur du Parti National Fasciste (PNI) – qui consistait à faire de la pédagogie Montessori, une pédagogie nationale avec pour but secondaire et inavoué l’endoctrinement des jeunes. Ce refus entraînera la fermeture de toutes les écoles Montessori d’Italie, et Maria Montessori ainsi que son fils seront alors déclarés ennemis de l’Italie.
Elle part alors en Espagne où la guerre civile éclate en 1936. Elle ira ensuite vivre en Angleterre puis en Hollande. De 1939 à 1946 et afin d’échapper à la seconde guerre mondiale, elle partira vivre en Inde avec son fils – celui-ci l’aidant et l’accompagnant dans ses travaux – où elle sera assignée à résidence à Madras en tant que ressortissante italienne.
Là, elle rencontrera Gandhi (guide spirituel et homme politique, 1869-1948), Nehru (homme politique, ancien premier ministre indien, 1889-1961) et Tagore (philosophe, écrivain, 1861-1941). Sentant une connexion profonde avec l’Inde, ses principes seront très bien accueillis en Inde ou elle donnera de nombreuses conférences et formera beaucoup d’éducateurs.

La paix
En 1946, âgée de 76 ans, elle retourne en Europe et c’est à Amsterdam qu’elle décide de s’installer définitivement afin de poursuivre ses écrits et ses travaux. Vers la fin de sa vie elle s’intéressera beaucoup au nouveau-né et à l’adolescent, deux périodes extrêmement sensibles dans la vie d’un enfant.
En 1949, 1950 et 1951, elle sera nommée trois ans de suite pour le prix Nobel de la Paix sans l’obtenir…
C’est le 6 mai 1952, qu’elle s’éteindra paisiblement à l’âge de 81 ans. Maria Montessori repose désormais au cimetière catholique de Noordwijk Aan Zee dans le nord de la Hollande.

Livres sur la vie de Maria Montessori :
Maria Montessori – Sa vie, son oeuvre (Edwing Mortimer Standing)
Maria Montessori – L’éducation libératrice (Anne Sizaire)

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Stage Montessori 3-6 ans : Lycée International Montessori Athéna

Plusieurs internautes souhaitaient un retour sur ma semaine de formation à Bailly (du 11/07/16 au 15/07/16), j’ai donc décidé de publier un article dédié à présenter ce stage ou plutôt à partager mon expérience. Dans cet article je ne vais pas fournir de conseils pédagogiques, ils viendront plus tard… via d’autres articles liés aux ateliers autonomes ainsi qu’à la pédagogie Montessori.

L’organisme de formation
Les formations sont organisées par apprendre-montessori.fr
Cet organisme a été crée par Sylvie d’Esclaibes, directrice du Lycée International Montessori Athéna fondé en 1992 à Bailly près de Paris.
Pour en savoir plus : sylviedesclaibes.com

Le programme de la formation
Jour 1 : Introduction sur la philosophie de Maria Montessori et les principes de base de cette pédagogie puis vie pratique (autonomie au quotidien).
Jour 2 : Vie sensorielle (géométrie, développement des 5 sens).
Jour 3 : Mathématiques (quantités, addition, soustraction, multiplication et division).
Jour 4 : Langage (lecture, phonologie, écriture, grammaire, vocabulaire).
Jour 5 : Les sciences et les sujets culturels (zoologie, botanique, géographie, histoire, la notion du temps).

Les journées de formation duraient entre 6h30 et 7h en moyenne, nous étions assis sur des grandes (ou petites chaises) pendant que la formatrice donnaient des informations et faisait des démonstrations sur l’utilisation du matériel. Nous étions aussi invité(e)s à tester le matériel et lors des pauses celui-ci était à notre disposition.

Pourquoi cette formation est géniale (selon moi !) ?

=> Pour l’utilisation du matériel
Cette formation m’a apporté énormément de connaissances sur le plan concret mais aussi théorique, je sais désormais comment manipuler et présenter le matériel Montessori à l’enfant. Évidemment avant de bien maîtriser l’utilisation de ce matériel, je vais encore devoir m’entraîner dans ma classe avec mes élèves et cela pendant un certain temps…
Cette formation a été un réel éclaircissement sur mes pratiques pédagogiques, puisque lors de mon année de PES (Professeur des Écoles Stagiaire), j’ai instauré dans ma classe des temps d’autonomie avec des ateliers de manipulation d’inspiration Montessori. Toutefois, n’ayant pas été formée, cela restait très approximatif puisque je ne connaissais pas toujours le but réel du matériel ainsi que l’ordre et la façon dans lesquels il fallait présenter ce matériel formidable. Désormais c’est bien plus clair… et ça me rassure !
Maria Montessori était une scientifique et on qualifie même sa pédagogie de « pédagogie scientifique ». Il est donc important de ne pas brûler les étapes et d’être très rigoureux. J’ai aussi réalisé toute l’importance de passer premièrement par les sens lors des apprentissages afin de laisser chez l’enfant une empreinte sensorielle (et visuelle) claire qui par la suite facilitera le passage du concret vers l’abstrait. La manipulation est fondamentale avant de passer à l’abstrait, or le matériel Montessori bien que coûteux, demeure idéal et qualitatif.

=> Des idées à foison
Ce stage fut  l’occasion de récolter de nombreuses idées ! La formatrice (merci à Véronique Moulin, une personne généreuse et bienveillante !) nous a fourni de nombreuses ressources (documents, sites internet…) pour nous aider à continuer nos recherches sur la pédagogie Montessori et son adaptation à l’école maternelle publique.
Une fois le stage terminé vous aurez aussi accès à un groupe privé sur Facebook.

=> Des rencontres humaines formidables
J’ai adoré rencontrer des Professeurs des Écoles (et futurs) issus des quatre coins de la France partageant la même vision de l’enfance et de l’éducation. Lors de ce stage, j’ai été entouré de gens souhaitant progresser, évoluer et enrichir leurs pratiques pédagogiques. Nous avions tous le même désir de passer concrètement à l’action afin de rendre l’école publique plus à l’écoute des besoins des enfants. Et quand je dis des enfants, je veux dire de tous les enfants sans exclusion. Ces personnes partageaient également le désir d’une éducation non pas basée sur l’encouragement de la compétition, mais plutôt sur la connaissance de soi, la confiance en soi, l’ouverture d’esprit et la paix.
Le plus, a été mon séjour à l’appartement ainsi j’ai été entourée pendant une semaine de personnes riches sur le plan humain et spirituel. Or, côtoyer des gens pareil ne peut que faire un bien fou, il s’agit d’un enrichissement mutuel extraordinaire.
J’ai aussi pu constater que de plus en plus de professeurs des écoles de tous les âges (de 23 ans à 59 ans !) s’intéressent à la pédagogie Montessori, non pas pour la reproduire telle quelle au sein de leurs classes car cela est quasiment impossible mais afin d’adapter cette pédagogie tout en respectant ses principes de base. Il est agréable de voir que les choses bougent, car le changement ne viendra sans doute pas d’en haut, mais d’en bas et de cet ensemble d’actions qui combinées ensemble feront (espérons-le !) peu à peu changer le système éducatif français et les mentalités de certaines personnes réfractaires… dont celles qui pensent la pédagogie Montessori est réservée au privé.

Le côté pratique du stage

=> Que dois-je emmener pour la formation ?
Un cahier pour prendre des notes, de quoi écrire, un appareil photo, un ordinateur (pour décharger votre appareil photo le soir et pour taper au propre vos notes) une clé USB pour les documents, une bouteille d’eau, de quoi manger à midi (il y a des micro-ondes sur place).

=> Comment se rendre sur le lieu de la formation ?
Le lycée International Montessori Athéna se trouve à Bailly, une petite ville paisible des Yvelines située à environ 20 minutes de Versailles en voiture. Si vous venez de Paris en transports en commun vous avez plusieurs options :
– Prendre le train à la gare de Saint-Lazare (45 minutes), puis le bus 17 jusqu’à Bailly et marcher 5 min jusqu’à l’école.
– Prendre le RER C à Paris, puis une fois à Versailles Rive Gauche, emprunter le bus jusqu’à Versailles Rive Droite (5 min), puis le bus 17 jusqu’à Bailly et marcher 5 min jusqu’à l’école.
image_aeriennebaillyOù dormir ?
Pour l’hébergement à vous de choisir : Couchsurfing, Airbnb, hôtel ou collocation ! J’avais opté pour l’option « collocation » dans l’appartement qui se trouve juste à côté de l’école. Cette collocation est proposée par l’organisme de formation à un prix intéressant et l’appartement est agréable (le WIFI est présent).

Où acheter à manger ?
Il y a un Franprix à 5 min à pied ou un Super U à 15 min à pied. Sinon, il y a également une bonne pizzeria pas loin.

Se détendre en fin de journée ?
Le château de Versailles
est tout près et avec le Pass Education, c’est gratuit pour les enseignants et les moins de 26 ans ! Les jardins sont ouverts jusqu’à 20h30 en été, la promenade en vaut vraiment la peine ! Sinon, il y a une petite forêt à Bailly, un parc ainsi qu’une piscine.

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Les sciences naturelles de Tatsu Nagata (documentaires animaliers)

Immense coup de cœur pour cet auteur de littérature de jeunesse ! Le japonais Tatsu Nagata (il s’agirait en fait d’un pseudonyme utilisé par l’auteur français Thierry Dedieu né en 1955) est un scientifique renommé et connu pour être un expert mondial des mutations des batraciens. Ce scientifique vivant sur la petite île de Yaku au Japon a décidé de partager sa passion pour les sciences naturelles en rendant ses connaissances compréhensibles aux tout-petits (accessible dès la TPS sans soucis) afin de leur donner envie de protéger la nature.
tatsuphilosophieSes livres qui sont telles des encyclopédies animalières contiennent des textes clairs et intelligents. Ils apportent des informations scientifiques simples à comprendre sur les différents modes de vie des animaux tout en enrichissant le vocabulaire scientifique des enfants. Les illustrations qui complètent le texte sont humoristiques, minimalistes, avec de belles couleurs ainsi qu’un bon graphisme propre aux livres de Tatsu Nagata.

Ainsi vos enfants apprendront beaucoup en lisant ces livres, il y a une idée par page, par exemple pour l’escargot, ils découvriront que/qu’ :
– Il aime la pluie car elle l’aide à mieux respirer.
– Il se déplace lentement.
– Il pond ses œufs dans un trou.
– Il n’a pas d’os, c’est un mollusque.
– L’hiver, il reste dans sa coquille.
– Il est à la fois mâle et femelle.
– C’est un herbivore.
– Il sait grimper partout.
– Il laisse des traces de bave en se déplaçant.
– Il est le repas favori du hérisson et du scarabée.

De nombreux livres existent, dont deux recueils englobant plusieurs animaux :
Les petites bêtes de Tatsu Nagata (l’escargot, la fourmi, le hérisson, le ver de terre, l’araignée, la grenouille, la chouette).
Les grosses bêtes de Tatsu Nagata (la baleine, le crocodile, le gorille, l’ours, le loup, le lion, le requin).

D’autres livres existent, ce ne sont pas des recueils mais des albums présentant uniquement un animal (ou un dinosaure) à la fois, voici quelques exemples :

Pierre Rabhi : courte réflexion sur l’éducation

Réflexion de Pierre Rabhi sur l’éducation. Ce passage est issu du livre « Pierre Rabhi semeur d’espoirs » d’Olivier Le Naire.

« L’éducation, au lieu d’être définie par rapport à l’épanouissement de l’enfant, au lieu de l’inviter à s’ouvrir, à comprendre le monde, est prédéterminée par l’idéologie d’une société qui doit fabriquer un être humain utile au système. Car il ne faut pas âtre hypocrite, c’est bien de cela qu’il s’agit. Or cette idéologie est essentiellement marchande ou, disons, monétariste. Le problème est aujourd’hui de savoir s’il peut exister une éducation qui chercherait uniquement à aider l’enfant à se comprendre lui-même. Hélas, ça ne se passe jamais comme ça, et chacun d’entre nous est passé par là. Je ne vois pas un musulman éduquer hors de l’islam, un chrétien éduqué hors du christianisme, un communiste éduqué or du communisme, un bouddhiste éduqué or du bouddhisme. Bref, tous ces éléments qui créent une idéologie collective. Bien sûr, lorsque, à l’école, on donne des outils et des moyens à l’enfant pour apprendre à lire, à écrire, à compter et à acquérir ce qui lui est nécessaire pour sa vie et sa survie, je trouve cela tout à fait noble. Mais très vite l’enseignement tombe dans l’arbitraire. Au lieu de réellement socialiser, de créer une fraternité, l’école produit de la compétition et de la domination. L’éducation devrait révéler l’enfant à lui-même dans sa spécificité, et non en faire un être standard. »
Enfants heureux

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Préparer sa rentrée de PES à la maternelle

Récemment, j’ai eu plusieurs demandes de futurs PES concernant la préparation de la rentrée scolaire à venir. J’ai donc décidé d’écrire un court article à ce sujet ! Cet article va à l’essentiel, je vais éviter de vous noyer sous un océan d’informations diverses… celles-ci viendront progressivement lors de votre rentrée. Dans mon article, il s’agit simplement des petites choses que vous pouvez déjà commencer à préparer lors de vos vacances
Cependant, pensez aussi à profiter de vos vacances, la rentrée arrivera bien assez vite ;)
VacanceUn classeur avec des intercalaires et :
– La liste des élèves : nom, prénom, sexe et date de naissance.
Le programme d’enseignement de l’école maternelle de 2015, il est téléchargeable ici. Je conseille de l’imprimer afin de l’avoir en permanence sous le coude.
– Les progressions sur l’année (par période). Personnellement j’ai fait mes progressions avec mon binôme en première période… donc vous avez largement le temps !
– Les coordonnées indispensables (nom, prénom, adresse, téléphone, mail) : IEN et secrétaire de circonscription, CPC, directrice ou directeur de l’école, tuteur EN & ESPE, binôme, ATSEM, RASED, ESPE…
– Des fiches de suivi des élèves. Pour ma part chaque élève disposait d’une feuille blanche à son nom dans le classeur et tout au long de l’année j’ai noté les choses particulières (difficultés/facilités d’apprentissage, de comportement, échange avec les parents…)

S’inscrire sur Pinterest :
Je vais prochainement écrire un article sur ce réseau social. Pinterest vous donnera une infinité d’idées pour les ateliers et les bricolages tout au long de l’année. N’hésitez pas à vous inscrire (c’est gratuit), à y pinter les idées qui vous plaisent et à jeter un coup d’œil à mon profil Pinterest…

Dans vos favoris (se créer un dossier spécial école) :
Eduscol
Pinterest
Instagram
MaterAlbum
– Le site de votre circonscription
Le forum enseignants du primaire
– Vos blogs favoris de PE, dont mon blog :P
– Les autres sites qui vous semblent pertinents
VousNousIls (plus abonnement à la newletter)
Fondation la main à la pâte (pour les sciences)
Le café pédagogique (plus abonnement à la newletter)
Facebook (rejoindre les groupes sur la maternelle et pour les PES)
– La page Facebook et le site de l’ESPE auquel vous serez rattachés

Les livres à feuilleter/lire :
– La collection Accès : Vers les Maths (PSMSGS), Vers la Phono (MSGS), Sciences à vivre
Catégo, Phono, Ordo
– Ateliers Graphiques de RETZ (PSMSGS)
– Collage et Arts Visuels de RETZ (PSMSGS)

Vous trouverez sur les groupes Facebook destinés à l’enseignement en maternelle des liens DropBox qui vous permettront de télécharger ces manuels en PDF gratuitement. Ce n’est pas très légal mais ça peut vous éviter de dépenser plus d’une centaine d’euros…

Concernant la classe :
L’album de la rentrée (TPS, PS, MS, GS).
– La mascotte de la classe (une peluche pas trop fragile).
– Des ateliers autonomes d’inspiration Montessori si cela vous tente !
– Quelques activités autour du thème sélectionné pour la première période.
– Des étiquettes pour les cahiers, classeurs et/ou casiers des élèves.
– Réfléchir aux règles de vie et aux responsabilités si vous souhaitez en établir…
– Songer au rituel. Ce-dernier est à définir en accord avec votre binôme si possible, il convient que celui-ci soit court, c’est-à-dire 5 à 10 min maximum !
Les affichages indispensables (frise numérique, alphabet, anniversaires, étiquettes jours et mois). Là ça dépendra de votre binôme, mais si il n’y a rien dans votre classe vous pouvez déjà préparer ces affichages de base.
Le bonhomme du mois. Si vous souhaitez voir la progression de vos élèves sur l’année concernant la perception du schéma corporel.
– La place provisoire des élèves aux crochets afin que les parents sachent où poser les affaires de l’enfant le jour de sa rentrée

Le classeur journal :

=> FicheEDT (ODT)
=> FicheEDT (DOCX)
=> FicheEDT (PDF)

La fameuse fiche de préparation :
FichePreparation=> FichePreparationSeance (ODT)
=> FichePreparationSeance (DOCX)
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Concernant la préparation de séances/séquences avant la rentrée, je n’avais personnellement rien fait. J’ai attendu de mieux découvrir mes élèves et leurs acquis. Je me suis simplement contentée de feuilleter les livres cités plus haut lors des vacances… et encore pas tant que cela !