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Histoire d’une enfant maltraitée

Ayant effectuée un remplacement de 3 semaines dans une CEA (Classe Éducative Adaptée), j’ai été confrontée à des enfants de 6 à 12 ans avec des troubles du comportement parfois très difficiles à gérer et un passé lourd (inceste, viol, maltraitance, malnutrition, négligence, alcoolisme parental, toxicomanie parentale).
Entre les insultes, les crises de violence, les objets lancés/cassés dans la classe, le refus de s’asseoir, la peur du travail et de l’échec, le retard dans les apprentissages, les multiples niveaux, le manque d’affection… je me suis vite sentie débordée et à bout émotionnellement.
Néanmoins cette vidéo que je trouve très touchante montre que ces enfants n’y peuvent pas grand-chose. Ils sont les premières victimes de leur comportement si instable.

Au passage, je tenais à dire que je respecte et j’admire vraiment les collègues qui travaillent en ITEP ainsi que les éducateurs d’enfants placés en foyer.

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La technologie ne remplacera jamais l’amour

Aujourd’hui pratiquement tout le monde possède un Smartphone, c’est même devenu un outil quasiment indispensable. Cet outil offre bien des avantages sur le plan social dont celui de nous permettre d’avoir une communication avec nos proches à l’autre bout du monde ou en déplacement.
Néanmoins, n’oublions pas pour autant que la technologie ne peut pas tout nous apporter. Aussi merveilleuse soit-elle, elle ne comblera jamais nos manques d’affection, de contact, et d’amour.
Enfin, la technologie ne se substituera jamais au rôle des parents… même si c’est parfois plus simple de mettre son enfant devant un écran, il ne faut pas pour autant que cela devienne une habitude !
La vidéo publicitaire thaïlandaise ci-dessous a pour but de nous sensibiliser (parents ou non) à ce que la technologie ne peut pas nous offrir, c’est-à-dire l’essentiel… <3

Paradoxalement pour visionner cette vidéo vous avez besoin de cette fameuse technologie, c’est le principe du vaccin ;)

Citation

Rabindranath Tagore : Joujoux

Un poème sur l’enfance du philosophe, poète, écrivain, compositeur, peintre  et pédagogue indien Rabindranath Tagore (1861-1941).
Ce génie a obtenu le prix Nobel de la Littérature en 1913 a rencontré Maria Montessori.

« Comme tu es heureux , enfant, toi qui, assis dans la poussière, t’amuses toute la matinée avec un bout de branche cassée.
Je souris de te voir jouer avec ce brin de bois.
Moi, je suis occupé à faire des comptes, j’additionne des chiffres des heures durant.
Peut-être me regardes-tu du coin de l’œil en te disant : Quelle bêtise de gaspiller sa matinée à ce jeu là !
Enfant, les bâtons et les pâtés de terre ne m’absorbent plus : j’ai perdu ton art !
Je recherche des amusements coûteux et j’entasse de l’or et de l’argent.
Tu joues à cœur joie avec tout ce que tu trouves.
Moi, j’emploie mes forces et mon temps à la recherche de choses que je ne pourrai jamais obtenir.
Dans mon frêle esquif je m’efforce de traverser la mer des désirs, et j’oublie que mon travail lui aussi n’est qu’un jeu ! »

Photo : DR

Photo : DR

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Pierre Rabhi : courte réflexion sur l’éducation

Réflexion de Pierre Rabhi sur l’éducation. Ce passage est issu du livre « Pierre Rabhi semeur d’espoirs » d’Olivier Le Naire.

« L’éducation, au lieu d’être définie par rapport à l’épanouissement de l’enfant, au lieu de l’inviter à s’ouvrir, à comprendre le monde, est prédéterminée par l’idéologie d’une société qui doit fabriquer un être humain utile au système. Car il ne faut pas être hypocrite, c’est bien de cela qu’il s’agit. Or cette idéologie est essentiellement marchande ou, disons, monétariste. Le problème est aujourd’hui de savoir s’il peut exister une éducation qui chercherait uniquement à aider l’enfant à se comprendre lui-même. Hélas, ça ne se passe jamais comme ça, et chacun d’entre nous est passé par là. Je ne vois pas un musulman éduquer hors de l’islam, un chrétien éduqué hors du christianisme, un communiste éduqué or du communisme, un bouddhiste éduqué or du bouddhisme. Bref, tous ces éléments qui créent une idéologie collective. Bien sûr, lorsque, à l’école, on donne des outils et des moyens à l’enfant pour apprendre à lire, à écrire, à compter et à acquérir ce qui lui est nécessaire pour sa vie et sa survie, je trouve cela tout à fait noble. Mais très vite l’enseignement tombe dans l’arbitraire. Au lieu de réellement socialiser, de créer une fraternité, l’école produit de la compétition et de la domination. L’éducation devrait révéler l’enfant à lui-même dans sa spécificité, et non en faire un être standard. »
Enfants heureux

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Un prof a changé ma vie (Vincent Remy)

4ème de couverture
« On a pu les aimer, les admirer, les jalouser, les craindre… Les profs ont forcément laissé une empreinte en nous. Certains ont même changé des vies. Ces vingts histoires en témoignent. Les voies de l’apprentissage et de la transmission sont infinies, je n’ai pas glané que des histoires d’institutrices et d’instituteurs dévoués ou de vieux maîtres bourrus. Un prof, c’est parfois un tourneur-fraiseur, un ténor du barreau, un maître de karaté, voire un grand-père d’exception. A chaque fois une rencontre qui ouvrira les portes de la connaissance, ou qui fera simplement s’épanouir ce que l’on porte en soi. Mais les profs savent-ils seulement ce qu’on leur doit ? Les témoins de ce livres tentent de réparer cette injustice. Chacun à sa manière, ils adressent un signe amical à tous ceux qui font ce bel effort de transmettre. »

L’auteur
Vincent Remy est le rédacteur en chef de Télérama. Un prof a changé ma vie est son premier livre.

UPACMV
Quelques extraits… sélectionnés avec soin parmi les 20 témoignages ;)

Eric Orsenna
– « Il m’a dit : « Vous travaillez beaucoup, mais il vous manque la confiance. » A la fin de l’année, il écrivit sur mon bulletin : brillant mais indiscipliné. Alors que je me croyais dans la besogne et le respect. Et là, Schlak, avec ces deux mots, la confiance était là ! »
– « Peut-être intimidé, Eric Arnoult laissera tomber la philosophie, « mais ces maîtres continuent à me nourrir. Je suis fait d’eux ! Et la dette est grande. Ce sont des géants qui ont fait de moi leur marionnette. Ce sont eux qui m’ont donné le goût de l’enseignement… »

Danièle Sallenave
– « Suzanne Proust nous ouvrait aux livres et à la culture, non pour qu’on aille s’y enfermer, mais pour élargir notre existence. »
– Danièle Sallenave en convient : Mme Proust n’a pas changé sa vie, « puisque ma vie était en train de se faire ». Mais « elle l’a construite dans un sens qui me convenait vraiment, profondément. Parce qu’elle apportait dans son enseignement la rigueur et l’enthousiasme ». Ne parlez donc pas à la romancière des sciences de l’éducation, pour elle enseigner est un art, non une science, et elle a le « pédagogisme » en horreur : « Je crois aux personnalités fortes, qui ont des connaissances solides, et qui surtout aiment ce qu’elles enseignent. Et contrairement à ceux qui invoquent de mauvais profs pour justifier leurs manques, je pense qu’un mauvais prof s’oublie beaucoup plus vite qu’un bon. »

François Pinault
– « C’est comme ça. Ses maîtres, François Pinault les a d’abord craints et respectés, puis il les a aimés. »
– « Je crois qu’ils étaient habités. L’amour de leur métier, c’était de sortir les gens de leur condition. C’est d’autant plus remarquable que, quand vous êtes dans le trou, généralement, on vous y laisse. Ils nous faisaient comprendre qu’il ne fallait pas se résigner. Pas baisser les bras. Ils m’ont donné envie de m’en sortir. Si je n’avais pas eu la chance de les rencontrer, j’aurais eu une vie différente. Ils m’ont appris le minimum pour aller à la ville, et quand je me suis retrouvé au collège Saint-Martin, je parlais français certes avec l’accent du pays gallo, mais je parlais malgré tout. Bien sûr, ajoute François Pinault, on se foutait de ma gueule à cause de mon accent, mais je gardais en mémoire que mes instituteurs ne m’avaient jamais humilié. Et qu’ils n’avaient jamais humilié personne. »

Barbara Carlotti
– « Elle a fait entrer la littérature dans un rapport plus simple. D’abord parce qu’on ne rencontrait plus seulement des textes, mais des auteurs. Elle nous faisait découvrir que des personnes écrivaient, avaient une vie particulière, que cette vie leur inspirait certaines choses, que leurs textes étaient importants mais leur histoire aussi. »
– Et parmi ces auteurs, Baudelaire ! Le choc : « Je n’avais que douze ans ! » La beauté, donc. Et Spleen, le ciel bas et lourd qui pèse comme un couvercle. Et tant d’autres. J’ai tout lu, j’aimais cette noirceur, cette grande mélancolie. Toutes ces images si simples, et si fortes. Le problème est qu’il ne fallait pas seulement les lire, ces poèmes, mais aussi les apprendre et les réciter devant les autres élèves : « J’étais volontaire, mais extrêmement timide et mal à l’aise. Cela reste un traumatisme d’avoir tellement aimé ces vers et eu autant de mal à les dire en public. J’y arrivais, mais j’avais des trous de mémoire, je rougissais. Je ne me souvenais pas de la fin du texte que j’avais appris avec beaucoup de passion. Trop, sans doute… »
– La prof à la voix rauque prêtait beaucoup d’attention à la petite Barbara : « Je crois qu’elle avait compris ma passion sous la timidité. C’est aussi pourquoi je me souviens d’elle : elle a pris soin de moi un peu plus que d’autres élèves. Dès qu’elle parlait de poésie, elle avait une attention particulière, en tout cas, je le prenais pour moi… » La chanteuse dit « ne plus se rappeler aucun programme dans aucune matière », mais garde en mémoire les rédactions qu’elle avait dû faire, portée par l’enthousiasme de sa prof : « C’était quelqu’un de passionné. »
– « Il faut être fasciné par ses profs, par ce qu’ils sont », dit encore Barbara Carlotti. Eva Serova était une femme élégante et très belle, fantasque et drôle : « Elle me séduisait beaucoup en tant que femme. On devient… enfin, on a envie de devenir l’autre. » Eva ressemblait-elle à son élève ? « Non, je ne crois pas. Mais moi, j’avais envie de lui ressembler. Elle était elle-même quand elle me racontait telle scène à l’Opéra, comment elle la jouait. Avec elle, c’était tout une vie ».
– « Ma professeur de français, elle, cherchait à faire partager des émotions à travers la littérature. Et Eva Serova, en me racontant sa vie, parfois de façon intime, me faisait participer à la grande histoire de la musique. »

Bruno Podalydès
– « Les seuls profs qui retenaient mon attention étaient ceux qui enseignaient leur matière sous l’angle d’une histoire. Mêmes les mathématiques, il fallait qu’elles soient racontées sous l’angle d’une aventure humaine. » D’où surgirait le plaisir d’apprendre : « Très peu de profs évoquaient ce plaisir. »

Aurélie Filippetti
– « J’aurais pu passer ma vie à faire des études avec des profs comme ça. Je n’ai jamais retrouvé à Paris cette relation particulière d’élève à enseignant. Comme Martine Rebmann, ces deux-là avaient un rapport existentiel à la littérature. Au fond, c’est ça la question : considère-t-on la littérature comme un divertissement ou comme la vraie vie ? »
– A la fin de sa troisième, et avant la séparation, Martine Rebmann avait offert à son élève les œuvres complètes de Marguerite Yourcenar dans la Pléiade. « C’était la première fois que je voyais une Pléiade, j’étais émerveillée par ce papier, je l’ai encore évidemment. J’ai l’impression que, un peu comme les fées qui se penchent sur le berceau, elle m’avait jeté un sort. Sur nos bulletins, elle écrivait toujours que la voie, c’était la littérature… » Aurélie Filippetti aurait-elle écrit si elle n’avait pas eu cette enseignante ? « Je crois qu’elle a changé beaucoup de choses. J’aimais bien écrire avant, des poèmes, comme les enfants, mais elle m’a fait découvrir la puissance, la force de la littérature et de l’écriture, à un âge où l’on se pose beaucoup de questions sur le sens de la vie. Elle m’a fait comprendre que la seule liberté est la liberté intellectuelle. » Pour Aurélie Filippetti, Martine Rebmann n’était pas qu’un professeur, elle était « un modèle de femme, libre, courageuse, originale, qui échappait aux normes des petites villes et construisait son propre destin. Moi, je ne savais pas très bien ce que j’allais faire de ma vie. Je savais juste que je voulais partir… »

Philippe Claudel
– Pour Philippe Claudel, avant de parler de transmission du savoir, la société ferait mieux de s’intéresser à la considération : « Considérer l’autre, cela signifie être à son écoute, attentif, ne pas le sous-estimer. On ne peut pas être enseignant sans s’ouvrir à l’autre. Cela me désole de voir une société qui se ferme. Ces politiques qui disent vouloir réinventer le vivre ensemble vivent tous dans les mêmes quartiers parisiens et ne vont jamais saisir la réalité provinciale. » Pas besoin de creuser beaucoup pour déceler chez Philippe Claudel une fragilité existentielle, qui est d’abord celle d’une condition sociale : « Je n’ai pas honte d’écrire des livres ou de réaliser des films qu’on qualifie d’humanistes. C’est mon obsession: comment rester dans la communauté des hommes, et faire qu’elle soit plus solide ? Comme professeur, ma responsabilité est encore plus grande. On doit faire très attention, car on ne connaît pas les effets de sa parole, les adolescents sont une matière inflammable, ma hantise a toujours été de ne pas repérer un gamin sur le point de chuter. »
– Aujourd’hui, Philippe Claudel dit qu’aucun professeur ne peut bien connaître la trace qu’il laisse chez ses élèves : « On a parfois des élèves pour lesquels on se dit : « Bon, ce que je fais n’est pas inutile. » Mais c’est difficile d’être prof, parce qu’on ne le sait généralement pas tout de suite. Il arrive que des élèves viennent vous voir des années plus tard : « Monsieur, l’année que j’ai passée avec vous a été formidable ». Cela m’est arrivé avec un garçon, en seconde, toujours au fond de la salle, tout le temps à faire la gueule, je le retrouve quinze ans plus tard, et il me dit : « Monsieur, c’est la plus belle année que j’aie jamais passée. Je buvais vos paroles. »

Gladys Cohen
– « Le problème, c’est que avançait très lentement, puisque je n’avais pas de régularité. Le violon, ça se travaille des heures et des heures, dans un cadre, une chambre, avec de la discipline. Mais Geneviève Lorrain ne disait rien. « Notre revenante. » Elle ne disait rien d’autre. Je voyais cette femme qui ne changeait jamais sa façon d’être avec moi. J’étais écrasée par cette unilatéralité du don. Jusqu’à la gratuité absolue de ses cours, puisque du moment où elle s’était aperçue que je n’avais pas d’argent, elle n’avait plus jamais accepté un sou de moi. » Et puis un jour, c’est le déclic : « Je me suis juré que je ne raterais plus jamais un seul cours… »
– Gladys Cohen pense que sa professeur de violon a fait plus que « changer sa vie », elle l’a fait basculer : « Elle m’a d’abord tirée du néant, puisque j’étais perdue, sans maison, sans famille, ou me considérant comme sans famille. Mais tant que j’étais avec elle, je ne savais pas si j’étais sur la bonne voie ou pas. C’est à Madrid, quand j’ai commencé mes études de chant, que j’ai compris ce qu’elle m’avait apporté. Tout est devenu limpide. »
– Mais elle dit être animée en tout par ce que Geneviève Lorrain lui a transmis : la rigueur, la discipline. « Avec elle, c’était vraiment l’école de la grandeur. Elle ne lâchait rien, elle ne laissait rien passer. » L’élève pense-t-elle qu’elle était « unique » aux yeux de sa professeur ? « Oui. Je crois qu’on peut ne pas être aussi généreux avec tout le monde. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai décidé un jour de lui rendre tout ce qu’elle me donnait. Parce qu’elle croyait en moi. » Gladys Cohen hésite avant de dire : « Je crois tout simplement qu’elle m’a aimée. »

Agnès Desarthe
– Et comme sa prof avait forcément beaucoup lu, Agnès Naouri s’est mise à la lecture, et à l’étude des œuvres littéraires : « Je crois beaucoup à l’enseignement par imitation, on accomplit un geste, qu’il soit intellectuel ou physique, en regardant le maître, on fait comme lui, puis on sait le faire tout seul, et chacun le fait à sa manière. » Une conception pas vraiment dans l’air du temps : « Je sais que c’est contesté, l’imitation, comme pédagogie. D’ailleurs, je ne dirais pas que c’était sa méthode, c’est juste comme cela que je l’ai vécu. Aujourd’hui, tout doit venir de l’élève, il doit être « à l’origine ». Cet enseignement très participatif, je ne suis pas contre dans une situation normale, mais quand le maître est extraordinaire, l’imitation a vraiment des vertus ! Si vous dansez avec un très bon danseur, même si vous ne savez pas bien danser, vous dansez vraiment mieux.
– « Il n’y a jamais eu aucune fausse modestie dans son attitude, elle savait qu’elle était une excellente prof. Mais je pense que l’impact qu’elle a pu avoir sur nous, et en l’occurrence sur moi la dépasse. Ce qui est sûr, c’est qu’elle accordait du crédit à tous ses élèves. »
– « Donc, Mme Barbéris a changé ma façon de lire les livres, mais aussi d’aller dans un musée, de regarder des tableaux, de discuter avec les gens… Elle a changé mon regard sur le monde. »

Muriel Mayette
– « Quand on enseigne, on prend autant que l’on donne. Si l’on n’est là que pour donner, quelque chose de l’ordre de la vie, la grâce, s’en va. Être prof, c’est partager son artisanat avec de jeunes générations.»